Discours Journée Internationale de la Femme
This morning, the National Union of Djiboutian Women welcomes us to this room.
But let me say what I really see.
I see the living conscience of our nation.
Because the Djiboutian woman is not simply a witness to the history of our Republic.
From the red sand of our interior regions to the boulevards of our capital, it carries on its shoulders the balance of our society.
Yesterday, she was the guardian of our traditions and peace in the home. Today, she is a magistrate, minister, engineer, doctor, businesswoman and activist. She knew how to break glass ceilings without ever breaking the sacred bond that unites her to her roots.
On this solemn day, I first want to say to her – simply, directly – thank you.
Celebrating our achievements means first having the courage to name them.
For years, under the leadership of the highest authorities of the State and thanks to the constant commitment of civil society – and I am thinking here of the UNFD in the first place – we have laid the foundations for a profound transformation.
Educational parity is progressing. And its results are there, visible, concrete, irrefutable. The young Djiboutian is today a doctor, lawyer, engineer, officer, researcher, business manager. It is present in all professions, in all sectors of our economy, in all spheres of our public life. She no longer waits for a place – she takes it, she deserves it, she builds it.
Women are now investing in the technology and port sectors, previously exclusively male sectors. They sit in the National Assembly. They run ministries. They create jobs.
We have evolved our legal framework: the Family Code strengthened, the fight against violence against women institutionalized, the law on quotas which opened doors that tradition had long kept closed.
This journey is real. It is measurable. And it must be protected.
But celebrating our achievements also means having the courage to look towards the horizon and name the challenges that still slow down the progress of our sisters and our daughters.
The first challenge is that of economic autonomy. If the Djiboutian woman is the soul of local commerce, she must become the architect of the economy of tomorrow. We must streamline access to financing, encourage digital entrepreneurship and ensure that every woman can transform her talent into a successful business. This is particularly true for women living in the interior, who have been away from access to microcredit for too long.
The second challenge is that of education and specialization. We must support our girls towards fields of excellence – science, technology, port professions which make our nation strong.
An educated young girl means a protected family. A young girl who is qualified and integrated is a nation that is taking off.
The third challenge, the noblest, remains that of changing mentalities. Respect for women’s rights is not a favor that we grant. It is a justice that is being restored. This fight must be that of the entire Djiboutian society — and men have their full share in it. What we call positive masculinity is not an abstract concept: it is a daily choice.
Finally, there are the new challenges that our times impose: the spread of conflicts in our region, the digital divide which widens inequalities, cybercrime which often targets the most vulnerable. We must protect women from these modern threats with the same determination that we use to combat traditional violence.
We have succeeded in making Djibouti a land of peace in a region subject to profound turbulence. But we know that this peace is not acquired by decree. It is being built. She talks. And I want to tell you today my deepest conviction about what really underpins it.
There is no national peace without domestic security. There is no social cohesion without equal rights. And there is no sustainable development without half of our nation taking its full place in it.
Within their communities, in local mediation, in the education of future generations, Djiboutian women are the primary actors of our social cohesion. She is, and always has been, a pillar of the stability of this nation.
A woman who works means a family that moves forward. A protected woman is a community that gains dignity. A woman who undertakes is a nation that accelerates.
The peace I want for our people is a peace of justice, security and progress.
Our Vision 2035 can only be achieved if every woman feels protected by our laws, supported by our institutions and valued by our culture. This is not a distant ideal.
This is the concrete content of our national ambition.
Today is also a day when we honor exceptional women.
The three Head of State Grand Prizes that we are currently awarding are more than a reward. These are three messages sent to all our girls: your efforts are seen. Your courage is recognized. Your commitment is the strength of this nation.
I warmly congratulate the winners of the year 2026.
I firmly believe that a nation cannot move forward if it forgets half of its soul.
The future of Djibouti will be written in the feminine — or it will not be written fully.
So let's look boldly towards tomorrow. Because when the Djiboutian woman advances, the whole country takes a giant step forward.
Happy birthday to all the women of Djibouti.
Notes
Ce matin, l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes nous accueille dans cette salle. Mais permettez-moi de dire ce que je vois vraiment. Je vois la conscience vivante de notre nation. Car la femme djiboutienne n’est pas simplement témoin de l’histoire de notre République. Du sable rouge de nos régions de l’intérieur jusqu’’aux boulevards de notre capitale, elle porte sur ses épaules l’équilibre de notre société. Hier, elle était la gardienne de nos traditions et de la paix dans le foyer. Aujourd’hui, elle est magistrate, ministre, ingénieure, médecin, commerçante et activiste. Elle a su briser les plafonds de verre sans jamais briser le lien sacré qui l’unit à ses racines. En cette journée solennelle, je veux d’abord lui dire, à elle — simplement, directement — merci. Célébrer nos acquis, c’est d’abord avoir le courage de les nommer. Depuis des années, sous l’impulsion des plus hautes autorités de l’État et grâce à l’engagement constant de la société civile — et je pense ici à l’UNFD en premier lieu— nous avons posé les fondations d’une transformation profonde. La parité scolaire progresse. Et ses résultats sont là, visibles, concrets, irréfutables. La jeune Djiboutienne est aujourd’hui médecin, avocate, ingénieure, officière, chercheuse, cheffe d’entreprise. Elle est présente dans tous les corps de métiers, dans tous les secteurs de notre économie, dans toutes les sphères de notre vie publique. Elle n’attend plus une place —elle la prend, elle la mérite, elle la construit. Les femmes s’investissent désormais dans les secteurs technologiques et portuaires, autrefois exclusivement masculins. Elles siègent à l’Assemblée Nationale. Elles dirigent des ministères. Elles créent des emplois. Nous avons fait évoluer notre cadre juridique : le Code de la Famille renforcé, la lutte contre les violences faites aux femmes institutionnalisée, la loi sur les quotas qui a ouvert des portes que la tradition avait longtemps gardées fermées. Ce chemin parcouru est réel. Il est mesurable. Et il doit être protégé. Mais célébrer nos acquis, c’est aussi avoir le courage de regarder vers l’horizon et de nommer les défis qui ralentissent encore la marche de nos sœurs et de nos filles. Le premier défi est celui de l’autonomie économique. Si la femme djiboutienne est l’âme du commerce local, elle doit devenir l’architecte de l’économie de demain. Nous devons fluidifier l’accès au financement, encourager l’entrepreneuriat numérique et faire en sorte que chaque femme puisse transformer son talent en une entreprise prospère. Cela vaut en particulier pour les femmes de l’intérieur, trop longtemps éloignées de l’accès au micro-crédit. Le deuxième défi, c’est celui de l’éducation et de la spécialisation. Nous devons accompagner nos filles vers les filières d’excellence — les sciences, la technologie, les métiers portuaires qui font la force de notre nation. Une jeune fille éduquée, c’est une famille sauvegardée. Une jeune fille diplômée et insérée, c’est une nation qui décolle. Le troisième défi, le plus noble, reste celui du changement des mentalités. Le respect des droits de la femme n’est pas une faveur que l’on accorde. C’est une justice que l’on restaure. Ce combat doit être celui de toute la société djiboutienne — et les hommes y ont leur part entière. Ce que l’on appelle la masculinité positive n’est pas un concept abstrait : c’est un choix quotidien. Il y a enfin les défis nouveaux que notre époque impose : l’extension des conflits dans notre région, la fracture numérique qui creuse des inégalités, la cybercriminalité qui cible souvent les plus vulnérables. Nous devons protéger les femmes de ces menaces modernes avec la même détermination que nous mettons à combattre les violences traditionnelles. Nous avons réussi à faire de Djibouti une terre de paix dans une région soumise à de profondes turbulences. Mais nous savons que cette paix n’est pas acquise par décret. Elle se construit. Elle s’entretient. Et je veux vous dire aujourd’hui ma conviction la plus profonde sur ce qui la fonde réellement. Il n’y a pas de paix nationale sans sécurité domestique. Il n’y a pas de cohésion sociale sans égalité des droits. Et il n’y a pas de développement durable sans que la moitié de notre nation y prenne toute sa place. Au sein de ses communautés, dans la médiation locale, dans l’éducation des générations futures, la femme djiboutienne est l’actrice première de notre cohésion sociale. Elle est, et elle a toujours été, un pilier de la stabilité de cette nation. Une femme qui travaille, c’est une famille qui avance. Une femme protégée, c’est une communauté qui gagne en dignité. Une femme qui entreprend, c’est une nation qui accélère. La paix que je veux pour notre peuple est une paix de justice, de sécurité et de progrès. Notre Vision 2035 ne pourra se réaliser que si chaque femme se sent protégée par nos lois, soutenue par nos institutions et valorisée par notre culture. Ce n’est pas un idéal lointain. C’est le contenu concret de notre ambition nationale. Aujourd’hui, c’est aussi un jour où nous honorons des femmes d’exception. Les trois Grands Prix du Chef de l’État que nous remettons à l’instant sont plus qu’une récompense. Ce sont trois messages envoyés à toutes nos filles : vos efforts sont vus. Votre courage est reconnu. Votre engagement est la force de cette nation. Je félicite chaleureusement les lauréates de l’année 2026. Je crois fermement qu’une nation ne peut avancer si elle oublie la moitié de son âme. L’avenir de Djibouti s’écrira au féminin — ou il ne s’écrira pas pleinement. Alors regardons vers demain avec audace. Car lorsque la femme djiboutienne avance, c’est tout le pays qui fait un pas de géant. Excellente fête à toutes les femmes de Djibouti.