ADRESSE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DES SEYCHELLES, LE DR PATRICK HERMINIE - 50ᵉ Anniversaire de l’Indépendance de la République des Seychelles
Votre Excellence Shri Narendra Modi, Premier ministre de la République de l’Inde ;Votre Excellence Dr Navinchandra Ramgoolam, Premier ministre de la République de Maurice, et Madame Veena Ramgoolam ;Vos Excellences, distingués invités, mes chers compatriotes seychellois, mesdames et messieurs,Tous protocoles observés.C’est pour moi un immense honneur et un grand plaisir de vous accueillir aux Seychelles alors que nous commémorons le cinquantième anniversaire de notre indépendance.Votre présence en cette occasion historique est un grand honneur pour notre nation et témoigne des amitiés et des partenariats durables que les Seychelles ont cultivés avec des pays du monde entier au cours des cinq dernières décennies. Nous vous sommes profondément reconnaissants d’avoir choisi de célébrer avec nous cette étape importante de l’histoire de notre nation.Il y a cinquante ans, les Seychelles ont pris leur place légitime au sein de la communauté des nations en tant que République souveraine et indépendante. Depuis, nous sommes restés fermement attachés à l’amitié, au respect mutuel, à la coexistence pacifique et à une coopération internationale constructive.Les progrès que nous célébrons aujourd’hui ont été rendus possibles grâce à la résilience et à la détermination du peuple seychellois, renforcées par l’amitié, la solidarité et la coopération de nos partenaires internationaux. Pour cela, nous exprimons notre sincère gratitude.En célébrant ce jubilé d’or, nous réaffirmons notre engagement à renforcer les liens d’amitié qui unissent nos pays et à travailler ensemble pour un avenir plus pacifique, plus prospère et plus durable.Encore une fois, bienvenue aux Seychelles, et merci de nous honorer de votre présence en ce jour mémorable.Mes chers compatriotes,Alors que nous célébrons cinquante ans d’indépendance, il est juste que je poursuive cette adresse dans notre langue maternelle, le créole seychellois, langue qui reflète notre identité, notre héritage et l’esprit durable de notre peuple.Cinquante ansIl y a cinquante ans, je m’en souviens encore très clairement. J’étais un garçon de 12 ans. Seul, je me suis rendu au “Stad Popiler” pour assister à la naissance de mon pays, les Seychelles.Pour la toute première fois, notre drapeau — le drapeau des Seychelles, bleu, blanc et rouge — a été hissé sous le ciel de l’océan Indien, faisant une déclaration au monde : Nous sommes libres. Les Seychelles sont libres. Notre peuple est libre.Enfin, après de nombreuses années de lutte, les Seychelles avaient obtenu leur souveraineté.Il existe des moments dans la vie d’une nation qui transcendent le passage du temps — des moments qui n’appartiennent pas seulement à ceux qui les ont vécus, mais à chaque génération qui suit. Aujourd’hui est l’un de ces moments. Le jubilé d’or de notre indépendance n’est pas simplement une date sur un calendrier. C’est une réflexion sur ce que nous sommes, une célébration du chemin parcouru et une promesse solennelle sur ce que nous voulons devenir.Je me tiens devant vous aujourd’hui non seulement en tant que Président, mais en tant que Seychellois — l’un d’entre vous — humble et ému par le poids de cette occasion et par la beauté de ce peuple.Bien avant que le monde ne prête attention à ces îles, nos ancêtres — créoles, africains, asiatiques, européens — sont arrivés sur ces rivages et ont choisi de construire quelque chose ensemble. Ils ont apporté avec eux des histoires différentes, des langues différentes, des croyances différentes. Et de cette diversité extraordinaire, ils ont forgé quelque chose de rare : un peuple en paix avec lui-même, une culture unique et irremplaçable.Cette union a donné naissance à notre identité créole.L’ouverture de l’aéroport international des Seychelles en 1971 fut plus qu’un exploit d’ingénierie — ce fut un acte d’imagination. Cela disait : nous ne serons pas définis par notre éloignement. Nous allons nous ouvrir au monde, et le monde s’ouvrira à nous. Cinq ans plus tard, l’indépendance a donné à cette vision son expression la plus complète. Le 29 juin 1976, nous n’avons pas simplement gagné un drapeau. Nous avons revendiqué notre avenir.Et quel avenir nous avons construitDans les premières années de notre nation, nous avons fait des choix qui continuent de façonner le caractère de ce pays. Nous avons dit que l’éducation ne serait pas un privilège pour quelques-uns — mais un droit de naissance pour chaque enfant né sous notre soleil. Nous avons dit que lorsqu’un Seychellois tombe malade, personne ne serait privé de soins faute d’argent. Nous avons promis que nos aînés ne devraient plus jamais mendier, et qu’ils vivraient leurs dernières années — et mourraient — dans la dignité. Ce n’étaient pas de petites décisions. C’étaient des déclarations de principe — l’affirmation du type de nation que nous voulions être.Nous avons construit Air Seychelles et relié nos îles dispersées. Nous avons développé nos ports et ouvert notre économie au commerce. Nous nous sommes tournés vers la mer — non avec crainte, mais avec sagesse — en bâtissant un secteur de la pêche qui nous nourrit, nous emploie et nous soutient. Et tout au long de ce parcours, nous avons maintenu la conviction qu’aucune communauté ne devait être laissée pour compte, que le développement devait atteindre chaque rivage.Dans les années 1990, nous avons approfondi notre démocratie. Nous avons adopté une constitution qui consacre les droits de chaque citoyen, affirme l’État de droit et ancre les principes de pluralisme et d’inclusion. Nous avons compris alors — comme nous le comprenons aujourd’hui — qu’une nation n’est pas forte malgré ses différences. Elle est forte grâce à la manière dont elle les unit.Avec le nouveau millénaire, les Seychelles ont trouvé leur voix sur la scène internationale — une voix claire et courageuse.Nous avons protégé notre terre et notre océan avec une détermination qui nous a valu l’admiration du monde. Nous avons défendu la cause des petits États insulaires en développement — des nations comme la nôtre, dont la contribution au réchauffement climatique est négligeable, mais dont l’existence même est menacée par ses conséquences. Dans les couloirs des Nations Unies, dans les chambres de la SADC, dans chaque forum où se joue l’avenir de notre planète bleue, les Seychelles ont parlé — et ont été entendues.Nous avons été pionniers du concept d’économie bleue, prouvant au monde que durabilité et prospérité ne sont pas en conflit — elles ne font qu’un. L’océan qui nous entoure n’est pas seulement une ressource. C’est notre identité, notre responsabilité et notre plus grand héritage.Mais je veux maintenant parler de quelque chose qui ne peut être mesuré dans des documents politiques ou des rapports économiques. Je veux parler de qui nous sommes.Quand les tambours résonnent au Festival Kreol et que les voix s’élèvent dans la langue que nos grands-parents nous ont transmise ; quand les pêcheurs partent avant l’aube sur des eaux que leurs pères connaissaient ; quand les familles se réunissent le dimanche et que l’odeur du cari se mêle à l’air salé — voilà les Seychelles. Voilà qui nous sommes.Notre culture n’est pas une relique à conserver sous verre. Elle est vivante. Elle respire. Et dans une époque de mondialisation incessante, elle est notre ancre la plus puissante. Préservons-la. Non seulement dans nos cœurs, mais dans nos foyers, nos écoles, nos chansons. Car notre culture est la boussole qui guidera nos enfants lorsque les vents du changement souffleront le plus fort.Ces cinquante années nous ont aussi mis à l’épreuve.Nous avons affronté des tempêtes économiques, des crises mondiales et des menaces inattendues. Il y a eu des moments où la route s’est rétrécie et où l’horizon est devenu incertain. Mais dans chaque moment de difficulté, les Seychellois se sont tournés les uns vers les autres. Nous avons partagé ce que nous avions. Nous nous sommes soutenus. Et nous avons tenu bon — non parce que nous n’avions pas le choix, mais parce que c’est ce que nous sommes.La résilience n’est pas l’absence de lutte. C’est le refus d’être vaincu par elle. Et selon cette mesure, cette nation n’a jamais été vaincue.Beaucoup de ceux qui ont assisté à la naissance de notre nation en 1976 sont parmi nous aujourd’hui. D’autres nous ont quittés. En ce jubilé d’or, nous les honorons avec gratitude et affection. Leurs rêves, leurs sacrifices et leur détermination vivent encore dans la République qu’ils ont contribué à bâtir. Leur héritage est présent dans chaque école, chaque communauté, chaque institution et chaque opportunité dont les Seychelles bénéficient aujourd’hui.Avant de regarder vers l’avenir, il est juste de rendre hommage à ceux qui ont rendu ce jour possible.Il y a cinquante ans, une génération de Seychellois a assumé l’immense responsabilité de construire une nouvelle nation. Ils n’ont pas hérité de certitudes, mais de possibilités. Ils n’ont pas reçu un pays achevé, mais l’opportunité d’en créer un.Aux hommes et aux femmes qui se sont tenus sous notre drapeau ce jour historique de juin 1976 ; à ceux qui ont guidé notre nation dans les premiers pas de l’indépendance ; à ceux qui ont servi dans la fonction publique, dans nos écoles, nos hôpitaux, nos services de sécurité, nos entreprises, nos églises et nos communautés ; et aux innombrables Seychellois dont les sacrifices silencieux et les efforts quotidiens ont contribué à bâtir la nation que nous célébrons aujourd’hui — nous exprimons notre profonde gratitude.Cette génération croyait en ce pays. Elle croyait que ces îles, bien que petites, pouvaient être grandes par l’ambition. Les libertés dont nous jouissons, les institutions sur lesquelles nous comptons et les opportunités offertes à nos enfants aujourd’hui font partie de leur héritage durable.En célébrant cinquante ans d’indépendance, nous devons aussi reconnaître les contributions de tous ceux qui ont été investis de la responsabilité de diriger notre nation au cours de ce parcours.En ce jour historique, je souhaite rendre un hommage particulier au Président France-Albert René, qui a initié la lutte pour notre indépendance, et à Sir James Mancham, qui, plus tard dans son parcours politique, a uni ses efforts à ceux de M. René pour négocier l’indépendance de notre chère Seychelles.L’histoire se souviendra d’eux comme de deux grands hommes d’État seychellois dont le leadership, à l’aube de l’indépendance, a contribué à poser les fondations de la nation seychelloise moderne.Nous reconnaissons également les contributions de tous les anciens Présidents, Vice-Présidents, Ministres, Membres de l’Assemblée nationale, fonctionnaires, leaders communautaires et tous ceux qui ont servi la République sous différentes formes. À travers les différentes périodes de notre histoire et dans des circonstances variées, chacun a contribué au développement des Seychelles et au progrès de notre peuple.L’histoire nous enseigne qu’aucune génération ne construit une nation seule. La construction nationale est un effort continu, porté par des générations successives, chacune ajoutant son propre chapitre à l’histoire nationale.Aujourd’hui, en célébrant notre jubilé d’or, regardons notre passé avec maturité, confiance et générosité. Puisons notre force dans ce qui nous unit plutôt que dans ce qui nous a divisés.Le prochain chapitre des Seychelles ne peut être écrit dans la division. Il ne peut être écrit dans la suspicion, l’amertume ou les politiques d’hier. Il doit être écrit dans le dialogue, le respect mutuel et un engagement partagé envers le bien commun.Car même si nous avons des opinions différentes, appartenons à des partis politiques différents, venons d’îles, de communautés ou d’horizons différents, nous restons un seul peuple. Nous partageons une seule histoire. Nous portons un seul drapeau. Nous appelons une seule nation notre maison.En franchissant le pont entre nos cinquante premières années et les cinquante prochaines, faisons-le ensemble, unis non par l’uniformité d’opinion, mais par une croyance commune en l’avenir des Seychelles et en les uns les autres.Le plus grand cadeau que nous puissions offrir à la prochaine génération n’est pas seulement la prospérité. C’est l’unité. C’est la stabilité. C’est un pays suffisamment confiant pour avancer comme un seul peuple avec une seule destinée.Aujourd’hui, cependant, n’est pas seulement un jour de souvenir. C’est un jour d’engagement.Les cinquante prochaines années seront façonnées par des forces que nous commençons seulement à comprendre — l’accélération du changement technologique, l’aggravation de l’urgence climatique, les transformations de l’économie mondiale et de nouvelles réalités géopolitiques. Ce ne sont pas des défis que nous pouvons ignorer. Ils exigent de nous une nouvelle audace, une nouvelle imagination et une unité de purpose inébranlable.Nous devons investir dans nos jeunes — non seulement dans leur éducation, mais dans leur confiance. Le Seychellois de demain doit croire — profondément et sans réserve — que ses idées comptent, que ses ambitions sont légitimes et que ces îles sont un lieu où la grandeur est possible.Nous devons protéger notre océan avec encore plus de détermination, sachant que ce que nous préservons ici a des répercussions pour l’humanité entière. Et nous devons nous engager avec le monde non comme des suppliants, mais comme des égaux — fiers de notre histoire, clairs dans nos valeurs et généreux dans notre vision.La construction nationale n’est pas l’œuvre des présidents ou des parlements seuls. C’est l’œuvre de chaque Seychellois qui choisit l’intégrité plutôt que la facilité, la communauté plutôt que l’individualisme, l’espoir plutôt que le cynisme. Chaque enfant qui va à l’école avec curiosité. Chaque travailleur qui prend fierté dans son métier. Chaque citoyen qui considère la dignité de son voisin aussi sacrée que la sienne. C’est ainsi que les nations se construisent réellement — non par de grands gestes, mais par dix mille actes silencieux d’engagement chaque jour.Chacun de nous porte une part des Seychelles en lui. Chacun de nous est responsable de ce qu’elles deviendront.Il y a cinquante ans, ceux qui nous ont précédés ont fait un acte de foi. Ils ont regardé ces îles dispersées — belles, éloignées, improbables — et ont osé croire que quelque chose d’extraordinaire pouvait y naître.Ils avaient raison.Car ce qu’ils ont construit était plus qu’un pays. Ils ont construit un foyer. Un lieu où des générations de Seychellois pourraient rêver, appartenir et prospérer. Ils nous ont donné non seulement une nation, mais une responsabilité : la préserver, la renforcer et la transmettre meilleure que nous l’avons trouvée. C’est grâce à eux que les Seychelles jouissent aujourd’hui du niveau de vie le plus élevé d’Afrique.Et maintenant, il nous revient — à cette génération, en ce moment — de faire notre propre acte de foi. De regarder les cinquante prochaines années non avec anxiété, mais avec la même audace : croire que le meilleur des Seychelles est encore devant nous.Avançons ensemble — un seul peuple, sous un seul ciel, avec une conviction inébranlable : que ces îles et les personnes qui les habitent sont, et resteront toujours, quelque chose de rare et de précieux dans ce monde.Aujourd’hui, alors que notre drapeau flotte fièrement sur ces îles et dans le cœur des Seychellois à travers le monde, célébrons non seulement ce que nous avons accompli, mais ce que nous sommes devenus. Honorons notre passé, chérissons notre présent et embrassons notre avenir avec confiance, unité et espoir.Joyeux 50ᵉ anniversaire de l’indépendance, Seychelles.Que Dieu vous bénisse tous, et que Dieu bénisse notre chère République.
Votre Excellence Shri Narendra Modi, Premier ministre de la République de l’Inde ;
Votre Excellence Dr Navinchandra Ramgoolam, Premier ministre de la République de Maurice, et Madame Veena Ramgoolam ;
Vos Excellences, distingués invités, mes chers compatriotes seychellois, mesdames et messieurs,
C’est pour moi un immense honneur et un grand plaisir de vous accueillir aux Seychelles alors que nous commémorons le cinquantième anniversaire de notre indépendance.
Votre présence en cette occasion historique est un grand honneur pour notre nation et témoigne des amitiés et des partenariats durables que les Seychelles ont cultivés avec des pays du monde entier au cours des cinq dernières décennies. Nous vous sommes profondément reconnaissants d’avoir choisi de célébrer avec nous cette étape importante de l’histoire de notre nation.
Il y a cinquante ans, les Seychelles ont pris leur place légitime au sein de la communauté des nations en tant que République souveraine et indépendante. Depuis, nous sommes restés fermement attachés à l’amitié, au respect mutuel, à la coexistence pacifique et à une coopération internationale constructive.
Les progrès que nous célébrons aujourd’hui ont été rendus possibles grâce à la résilience et à la détermination du peuple seychellois, renforcées par l’amitié, la solidarité et la coopération de nos partenaires internationaux. Pour cela, nous exprimons notre sincère gratitude.
En célébrant ce jubilé d’or, nous réaffirmons notre engagement à renforcer les liens d’amitié qui unissent nos pays et à travailler ensemble pour un avenir plus pacifique, plus prospère et plus durable.
Encore une fois, bienvenue aux Seychelles, et merci de nous honorer de votre présence en ce jour mémorable.
Alors que nous célébrons cinquante ans d’indépendance, il est juste que je poursuive cette adresse dans notre langue maternelle, le créole seychellois, langue qui reflète notre identité, notre héritage et l’esprit durable de notre peuple.
Il y a cinquante ans, je m’en souviens encore très clairement. J’étais un garçon de 12 ans. Seul, je me suis rendu au “Stad Popiler” pour assister à la naissance de mon pays, les Seychelles.
Pour la toute première fois, notre drapeau — le drapeau des Seychelles, bleu, blanc et rouge — a été hissé sous le ciel de l’océan Indien, faisant une déclaration au monde : Nous sommes libres. Les Seychelles sont libres. Notre peuple est libre.
Enfin, après de nombreuses années de lutte, les Seychelles avaient obtenu leur souveraineté.
Il existe des moments dans la vie d’une nation qui transcendent le passage du temps — des moments qui n’appartiennent pas seulement à ceux qui les ont vécus, mais à chaque génération qui suit. Aujourd’hui est l’un de ces moments. Le jubilé d’or de notre indépendance n’est pas simplement une date sur un calendrier. C’est une réflexion sur ce que nous sommes, une célébration du chemin parcouru et une promesse solennelle sur ce que nous voulons devenir.
Je me tiens devant vous aujourd’hui non seulement en tant que Président, mais en tant que Seychellois — l’un d’entre vous — humble et ému par le poids de cette occasion et par la beauté de ce peuple.
Bien avant que le monde ne prête attention à ces îles, nos ancêtres — créoles, africains, asiatiques, européens — sont arrivés sur ces rivages et ont choisi de construire quelque chose ensemble. Ils ont apporté avec eux des histoires différentes, des langues différentes, des croyances différentes. Et de cette diversité extraordinaire, ils ont forgé quelque chose de rare : un peuple en paix avec lui-même, une culture unique et irremplaçable.
Cette union a donné naissance à notre identité créole.
L’ouverture de l’aéroport international des Seychelles en 1971 fut plus qu’un exploit d’ingénierie — ce fut un acte d’imagination. Cela disait : nous ne serons pas définis par notre éloignement. Nous allons nous ouvrir au monde, et le monde s’ouvrira à nous. Cinq ans plus tard, l’indépendance a donné à cette vision son expression la plus complète. Le 29 juin 1976, nous n’avons pas simplement gagné un drapeau. Nous avons revendiqué notre avenir.
Et quel avenir nous avons construit
Dans les premières années de notre nation, nous avons fait des choix qui continuent de façonner le caractère de ce pays. Nous avons dit que l’éducation ne serait pas un privilège pour quelques-uns — mais un droit de naissance pour chaque enfant né sous notre soleil. Nous avons dit que lorsqu’un Seychellois tombe malade, personne ne serait privé de soins faute d’argent. Nous avons promis que nos aînés ne devraient plus jamais mendier, et qu’ils vivraient leurs dernières années — et mourraient — dans la dignité. Ce n’étaient pas de petites décisions. C’étaient des déclarations de principe — l’affirmation du type de nation que nous voulions être.
Nous avons construit Air Seychelles et relié nos îles dispersées. Nous avons développé nos ports et ouvert notre économie au commerce. Nous nous sommes tournés vers la mer — non avec crainte, mais avec sagesse — en bâtissant un secteur de la pêche qui nous nourrit, nous emploie et nous soutient. Et tout au long de ce parcours, nous avons maintenu la conviction qu’aucune communauté ne devait être laissée pour compte, que le développement devait atteindre chaque rivage.
Dans les années 1990, nous avons approfondi notre démocratie. Nous avons adopté une constitution qui consacre les droits de chaque citoyen, affirme l’État de droit et ancre les principes de pluralisme et d’inclusion. Nous avons compris alors — comme nous le comprenons aujourd’hui — qu’une nation n’est pas forte malgré ses différences. Elle est forte grâce à la manière dont elle les unit.
Avec le nouveau millénaire, les Seychelles ont trouvé leur voix sur la scène internationale — une voix claire et courageuse.
Nous avons protégé notre terre et notre océan avec une détermination qui nous a valu l’admiration du monde. Nous avons défendu la cause des petits États insulaires en développement — des nations comme la nôtre, dont la contribution au réchauffement climatique est négligeable, mais dont l’existence même est menacée par ses conséquences. Dans les couloirs des Nations Unies, dans les chambres de la SADC, dans chaque forum où se joue l’avenir de notre planète bleue, les Seychelles ont parlé — et ont été entendues.
Nous avons été pionniers du concept d’économie bleue, prouvant au monde que durabilité et prospérité ne sont pas en conflit — elles ne font qu’un. L’océan qui nous entoure n’est pas seulement une ressource. C’est notre identité, notre responsabilité et notre plus grand héritage.
Mais je veux maintenant parler de quelque chose qui ne peut être mesuré dans des documents politiques ou des rapports économiques. Je veux parler de qui nous sommes.
Quand les tambours résonnent au Festival Kreol et que les voix s’élèvent dans la langue que nos grands-parents nous ont transmise ; quand les pêcheurs partent avant l’aube sur des eaux que leurs pères connaissaient ; quand les familles se réunissent le dimanche et que l’odeur du cari se mêle à l’air salé — voilà les Seychelles. Voilà qui nous sommes.
Notre culture n’est pas une relique à conserver sous verre. Elle est vivante. Elle respire. Et dans une époque de mondialisation incessante, elle est notre ancre la plus puissante. Préservons-la. Non seulement dans nos cœurs, mais dans nos foyers, nos écoles, nos chansons. Car notre culture est la boussole qui guidera nos enfants lorsque les vents du changement souffleront le plus fort.
Ces cinquante années nous ont aussi mis à l’épreuve.
Nous avons affronté des tempêtes économiques, des crises mondiales et des menaces inattendues. Il y a eu des moments où la route s’est rétrécie et où l’horizon est devenu incertain. Mais dans chaque moment de difficulté, les Seychellois se sont tournés les uns vers les autres. Nous avons partagé ce que nous avions. Nous nous sommes soutenus. Et nous avons tenu bon — non parce que nous n’avions pas le choix, mais parce que c’est ce que nous sommes.
La résilience n’est pas l’absence de lutte. C’est le refus d’être vaincu par elle. Et selon cette mesure, cette nation n’a jamais été vaincue.
Beaucoup de ceux qui ont assisté à la naissance de notre nation en 1976 sont parmi nous aujourd’hui. D’autres nous ont quittés. En ce jubilé d’or, nous les honorons avec gratitude et affection. Leurs rêves, leurs sacrifices et leur détermination vivent encore dans la République qu’ils ont contribué à bâtir. Leur héritage est présent dans chaque école, chaque communauté, chaque institution et chaque opportunité dont les Seychelles bénéficient aujourd’hui.
Avant de regarder vers l’avenir, il est juste de rendre hommage à ceux qui ont rendu ce jour possible.
Il y a cinquante ans, une génération de Seychellois a assumé l’immense responsabilité de construire une nouvelle nation. Ils n’ont pas hérité de certitudes, mais de possibilités. Ils n’ont pas reçu un pays achevé, mais l’opportunité d’en créer un.
Aux hommes et aux femmes qui se sont tenus sous notre drapeau ce jour historique de juin 1976 ; à ceux qui ont guidé notre nation dans les premiers pas de l’indépendance ; à ceux qui ont servi dans la fonction publique, dans nos écoles, nos hôpitaux, nos services de sécurité, nos entreprises, nos églises et nos communautés ; et aux innombrables Seychellois dont les sacrifices silencieux et les efforts quotidiens ont contribué à bâtir la nation que nous célébrons aujourd’hui — nous exprimons notre profonde gratitude.
Cette génération croyait en ce pays. Elle croyait que ces îles, bien que petites, pouvaient être grandes par l’ambition. Les libertés dont nous jouissons, les institutions sur lesquelles nous comptons et les opportunités offertes à nos enfants aujourd’hui font partie de leur héritage durable.
En célébrant cinquante ans d’indépendance, nous devons aussi reconnaître les contributions de tous ceux qui ont été investis de la responsabilité de diriger notre nation au cours de ce parcours.
En ce jour historique, je souhaite rendre un hommage particulier au Président France-Albert René, qui a initié la lutte pour notre indépendance, et à Sir James Mancham, qui, plus tard dans son parcours politique, a uni ses efforts à ceux de M. René pour négocier l’indépendance de notre chère Seychelles.
L’histoire se souviendra d’eux comme de deux grands hommes d’État seychellois dont le leadership, à l’aube de l’indépendance, a contribué à poser les fondations de la nation seychelloise moderne.
Nous reconnaissons également les contributions de tous les anciens Présidents, Vice-Présidents, Ministres, Membres de l’Assemblée nationale, fonctionnaires, leaders communautaires et tous ceux qui ont servi la République sous différentes formes. À travers les différentes périodes de notre histoire et dans des circonstances variées, chacun a contribué au développement des Seychelles et au progrès de notre peuple.
L’histoire nous enseigne qu’aucune génération ne construit une nation seule. La construction nationale est un effort continu, porté par des générations successives, chacune ajoutant son propre chapitre à l’histoire nationale.
Aujourd’hui, en célébrant notre jubilé d’or, regardons notre passé avec maturité, confiance et générosité. Puisons notre force dans ce qui nous unit plutôt que dans ce qui nous a divisés.
Le prochain chapitre des Seychelles ne peut être écrit dans la division. Il ne peut être écrit dans la suspicion, l’amertume ou les politiques d’hier. Il doit être écrit dans le dialogue, le respect mutuel et un engagement partagé envers le bien commun.
Car même si nous avons des opinions différentes, appartenons à des partis politiques différents, venons d’îles, de communautés ou d’horizons différents, nous restons un seul peuple. Nous partageons une seule histoire. Nous portons un seul drapeau. Nous appelons une seule nation notre maison.
En franchissant le pont entre nos cinquante premières années et les cinquante prochaines, faisons-le ensemble, unis non par l’uniformité d’opinion, mais par une croyance commune en l’avenir des Seychelles et en les uns les autres.
Le plus grand cadeau que nous puissions offrir à la prochaine génération n’est pas seulement la prospérité. C’est l’unité. C’est la stabilité. C’est un pays suffisamment confiant pour avancer comme un seul peuple avec une seule destinée.
Aujourd’hui, cependant, n’est pas seulement un jour de souvenir. C’est un jour d’engagement.
Les cinquante prochaines années seront façonnées par des forces que nous commençons seulement à comprendre — l’accélération du changement technologique, l’aggravation de l’urgence climatique, les transformations de l’économie mondiale et de nouvelles réalités géopolitiques. Ce ne sont pas des défis que nous pouvons ignorer. Ils exigent de nous une nouvelle audace, une nouvelle imagination et une unité de purpose inébranlable.
Nous devons investir dans nos jeunes — non seulement dans leur éducation, mais dans leur confiance. Le Seychellois de demain doit croire — profondément et sans réserve — que ses idées comptent, que ses ambitions sont légitimes et que ces îles sont un lieu où la grandeur est possible.
Nous devons protéger notre océan avec encore plus de détermination, sachant que ce que nous préservons ici a des répercussions pour l’humanité entière. Et nous devons nous engager avec le monde non comme des suppliants, mais comme des égaux — fiers de notre histoire, clairs dans nos valeurs et généreux dans notre vision.
La construction nationale n’est pas l’œuvre des présidents ou des parlements seuls. C’est l’œuvre de chaque Seychellois qui choisit l’intégrité plutôt que la facilité, la communauté plutôt que l’individualisme, l’espoir plutôt que le cynisme. Chaque enfant qui va à l’école avec curiosité. Chaque travailleur qui prend fierté dans son métier. Chaque citoyen qui considère la dignité de son voisin aussi sacrée que la sienne. C’est ainsi que les nations se construisent réellement — non par de grands gestes, mais par dix mille actes silencieux d’engagement chaque jour.
Chacun de nous porte une part des Seychelles en lui. Chacun de nous est responsable de ce qu’elles deviendront.
Il y a cinquante ans, ceux qui nous ont précédés ont fait un acte de foi. Ils ont regardé ces îles dispersées — belles, éloignées, improbables — et ont osé croire que quelque chose d’extraordinaire pouvait y naître.
Car ce qu’ils ont construit était plus qu’un pays. Ils ont construit un foyer. Un lieu où des générations de Seychellois pourraient rêver, appartenir et prospérer. Ils nous ont donné non seulement une nation, mais une responsabilité : la préserver, la renforcer et la transmettre meilleure que nous l’avons trouvée. C’est grâce à eux que les Seychelles jouissent aujourd’hui du niveau de vie le plus élevé d’Afrique.
Et maintenant, il nous revient — à cette génération, en ce moment — de faire notre propre acte de foi. De regarder les cinquante prochaines années non avec anxiété, mais avec la même audace : croire que le meilleur des Seychelles est encore devant nous.
Avançons ensemble — un seul peuple, sous un seul ciel, avec une conviction inébranlable : que ces îles et les personnes qui les habitent sont, et resteront toujours, quelque chose de rare et de précieux dans ce monde.
Aujourd’hui, alors que notre drapeau flotte fièrement sur ces îles et dans le cœur des Seychellois à travers le monde, célébrons non seulement ce que nous avons accompli, mais ce que nous sommes devenus. Honorons notre passé, chérissons notre présent et embrassons notre avenir avec confiance, unité et espoir.
Joyeux 50ᵉ anniversaire de l’indépendance, Seychelles.
Que Dieu vous bénisse tous, et que Dieu bénisse notre chère République.